Logistique du Secteur de la Pêche : Agadir, Dakhla et l'Export Halieutique

Agroalimentaire et export
Agroalimentaire et export

Le secteur halieutique marocain pèse lourd dans les exportations agroalimentaires du pays : 25,3 milliards de dirhams d'exports de produits de la mer en 2025, soit près de 29% des exportations agroalimentaires marocaines totales, dont 4,05 milliards de dirhams pour le seul segment du poisson congelé et des filets (+12% par rapport à 2024) (Le360). Ces exports reposent sur deux hubs logistiques aux profils très différents, dont la complémentarité structure l'ensemble de la filière.

Agadir et Dakhla, deux modèles logistiques distincts

Agadir s'est imposé comme le hub national de la pêche, un pôle industriel exportateur et un centre logistique de la chaîne du froid — la ville concentre transformation, congélation et export vers les marchés internationaux. Dakhla, à l'inverse, s'est spécialisée dans l'aquaculture (huîtres, moules) et la pêche du poulpe en eaux profondes, avec des volumes de production impressionnants : 557 000 tonnes en 2023, contre 255 000 tonnes pour Laâyoune et 72 000 tonnes en valeur pour Agadir. Cette répartition reflète une division du travail géographique — Dakhla capture et produit en grand volume, Agadir transforme et exporte à plus forte valeur ajoutée.

25,3 milliards MAD
exportations marocaines de produits de la mer en 2025, environ 29% des exports agroalimentaires du pays
Le volume de capture ne suffit pas à créer de la valeur — c'est la capacité de transformation et de chaîne du froid qui la capte. Dakhla produit davantage en tonnage brut, mais c'est Agadir, avec ses infrastructures de transformation et d'export, qui capte une part disproportionnée de la valeur ajoutée du secteur — une leçon transposable à d'autres filières où le volume de production et la capture de valeur ne coïncident pas automatiquement.

Un acteur intégré comme illustration du modèle qui fonctionne

Certains groupes marocains intégrés opèrent sur l'ensemble de la chaîne de valeur — pêche, conserverie, congélation et logistique — avec des implantations dans plusieurs villes clés du secteur (Dakhla, Laâyoune, Agadir, Tan-Tan, Berrechid). Cette intégration verticale limite la dépendance à des intermédiaires à chaque étape et permet un contrôle de bout en bout de la chaîne du froid, un facteur déterminant pour la qualité du produit exporté.

Les défis logistiques qui restent à résoudre

Le secteur reste confronté à des défis structurels : le coût de l'alimentation pour l'aquaculture, la disponibilité de juvéniles (alevins) pour les élevages, et la capacité à faire grandir des projets aquacoles au-delà du stade pilote — des freins qui limitent la vitesse à laquelle Dakhla, notamment, peut développer son potentiel aquacole au-delà de la pêche traditionnelle.

Ce qu'il faut retenir

Le secteur halieutique marocain structure sa logistique autour de deux pôles complémentaires — Dakhla pour le volume de capture et l'aquaculture, Agadir pour la transformation et l'export à valeur ajoutée — une répartition qui illustre comment la capture de valeur dépend de la capacité de transformation, pas seulement du volume produit. Notre article sur l'entrepôt frigorifique au Maroc détaille l'infrastructure de chaîne du froid indispensable à ce secteur ; notre article sur le schéma directeur logistique agroalimentaire au Maroc complète cette approche pour l'ensemble de la filière agroalimentaire.

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